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Je suis enfin et de nouveau libre, mais cette fois,
libre pour de bon. De Bari, j ai pris le train, peur, sueur, puanteur
Dormir, il faut que je dorme, cela fais trois jours, caché
au fond d'un wagon, abandonné le rêve de voir Paris,
j'espère reussir à voir Berlin. Je traverse l'Autriche,
la Carintie, Vienne, première ville cosmopolite d'Europe,
et me voilà en Allemagne. Etrange, il y a des policiers à
la frontière, mais si l'Europe est unie, pourquoi des frontières,
pourquoi des policiers? Je n'y comprends pas grand chose, fatigue
et angoisse, faim et soif
Il faut que je descende de ce train,
que je me lave
on arrive a Francfort.
On m'avait parlé d'un petit homme vert, il s'occupait d'immigration
ici en Allemagne, puis il partit pour la France, maintenant il est
a Bruxelles. Dany, on l'appellait, mais etait il rouge ou vert??
En tout cas lui il aurait pu m'aider. Il semble qu'il aimait la
vie, la nature et l'Europe, comme moi
dommage qu'il ne soit
plus là.
J'ai trouvé un pont, lumière rouge et seringue, demain
je repart pour Berlin, je serre bien fort mon petit papier, le nom
de mon cousin, c'est tout ce qu'il me reste. La liberté n'existe
que dans nos rêve, ici en Europe, c'est pire qu'ailleurs,
mais je rêve encore
Berlin
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