euradiophoria n. 4 - 04/10/2001


  

DAVID SOLDINI

JEF-SET


L'arrivée à Berlin fut facile.
Aucun contrôle dans le train, pas de police, pas de chien, tant mieux… Je téléphonais tout de suite à mon cousin, je trouvais son nom dans les pages jaunes, apparemment il n'est plus clandestin. Il m'accueillit avec beaucoup de méfiance, il vivait avec d'autres kurdes, la plupart turcs, et travaillait à la plonge dans un réstaurant.

Etrange me dis-je, il me semblait qu'il était diplomé. Il me dit tout de suite que je ne pourrai rester chez lui que quelques jours il avait peur des contrôles… garder un immigré chez soit peut coûter cher, même en Europe, même quand on est pauvre…

Pas facile de trouver un logement, un travail, une femme, assistance zero, travail au noir et logement de fortune, ma vie n'a pas trop changé depuis que je suis en Europe, au fond, être pauvre et exclu ici, c'est pire qu'ailleurs. Certes on ne nous tue pas, en tout cas pas comme en Irak, mais la souffrance est plus dure, les inégalités trop fortes, et puis l'autosatisfaction des indigènes rend tout plus difficile. Ils sont heureux, d'être plus riches que le voisin, de pouvoir écraser les faibles, et même heureux de pouvoir, une ou deux fois par an, penser aux pauvres et se dire qu'ils sont charitables, qu'ils respectent la morale, qu'ils aiment Dieu…

Et l'Europe de mon professeur où est-elle, l'Europe "libre, égale, fraternelle"??