|
L'arrivée à Berlin fut facile.
Aucun contrôle dans le train, pas de police, pas de chien,
tant mieux
Je téléphonais tout de suite à
mon cousin, je trouvais son nom dans les pages jaunes, apparemment
il n'est plus clandestin. Il m'accueillit avec beaucoup de méfiance,
il vivait avec d'autres kurdes, la plupart turcs, et travaillait
à la plonge dans un réstaurant.
Etrange me dis-je, il me semblait qu'il était diplomé.
Il me dit tout de suite que je ne pourrai rester chez lui que quelques
jours il avait peur des contrôles
garder un immigré
chez soit peut coûter cher, même en Europe, même
quand on est pauvre
Pas facile de trouver un logement, un travail, une femme, assistance
zero, travail au noir et logement de fortune, ma vie n'a pas trop
changé depuis que je suis en Europe, au fond, être
pauvre et exclu ici, c'est pire qu'ailleurs. Certes on ne nous tue
pas, en tout cas pas comme en Irak, mais la souffrance est plus
dure, les inégalités trop fortes, et puis l'autosatisfaction
des indigènes rend tout plus difficile. Ils sont heureux,
d'être plus riches que le voisin, de pouvoir écraser
les faibles, et même heureux de pouvoir, une ou deux fois
par an, penser aux pauvres et se dire qu'ils sont charitables, qu'ils
respectent la morale, qu'ils aiment Dieu
Et l'Europe de mon professeur où est-elle, l'Europe "libre,
égale, fraternelle"??
|